Les Femmes qui me détestent

Les Femmes qui me détestent
Dorothy Allison
en librairie depuis le 8 mars 2024
128p. / 14x21cm / 16€ / isbn 9782956719465
Qu’elle traite de son enfance tiraillée entre brutalité et amour ou de sa sexualité lesbienne hors-la-loi, la poésie insolente, touchante, cinglante et licencieuse de Dorothy Allison vise juste : elle dit ce qu’elle pense aux femmes qu’elle aime, avec colère et tendresse. Figure emblématique des Feminist Sex Wars, ou controverses féministes sur le sexe, elle a participé en 1982 au colloque de Barnard sur la sexualité, où elle a été accusée par des féministes antipornographie d’être une « terroriste antiféministe ». L’écrivaine leur répond dans ce recueil de poésie, son premier livre, matrice de toute son œuvre.
(Couverture : Diane Malatesta)
Cette première édition française (traduite par Noémie Grunenwald) est accompagnée d’une postface de Lucile Dumont, qui revient sur la manière dont la littérature se présente, pour Dorothy Allison, comme un espace de dialogue et un outil de résistance féministe.
Née en 1949, Dorothy Allison a grandi à Greenville, en Caroline du Sud (États-Unis), dans un milieu modeste. Son parcours se caractérise par un engagement féministe sur plusieurs plans ― militant, éditorial, littéraire ― et par la contestation d’un féminisme dominé par les femmes blanches et hétérosexuelles en grande partie issues des classes moyennes. Dès la publication de son premier livre, Les Femmes qui me détestent, elle prend la plume en tant que lesbienne issue de la classe ouvrière. L’ensemble de ses écrits, dont certains mêlent essai, fiction et récit de soi (Peau, Deux ou trois choses dont je suis sûre, Trash) questionne les rapports entre genre, classe et sexualité. Ses romans reviennent sur les paysages, la tendresse et les douleurs de l’enfance (L’Histoire de Bone, Retour à Cayro). Couronnés par plusieurs prix littéraires, ils ont fait l’objet de traductions dans de nombreuses langues et ont fait de Dorothy Allison une autrice dont le succès international répond à sa reconnaissance au sein des communautés lesbiennes.
(Photo : Morgan Gwenwald)

Elles en parle…
Marie Kirschen, dans Les Inrocks de février 2024 : Les Femmes qui me détestent, le premier Dorothy Allison enfin traduit en français
Camille Paix, dans le « Lundi poésie » de Libération : Les Femmes qui me détestent de Dorothy Allison, goulue et approuvée
Par Marie Viguier, dans Maze : Les Femmes qui me détestent – ou l’impossible déliaison de la violence
Lucile Dumont & Isabelle Cambourakis, avec Marie Richeux dans le Book Club de France Culture : Découvrir l’œuvre de Dorothy Allison
Mauvais goût

Mauvais goût
Lisa Randin
disponible en librairie depuis le 26 janvier 2024
192p. / 12x19cm / 15€ / isbn 9782956719458
Une femme s’abîme dans la colère, le cynisme et le désespoir des lendemains qui déchantent. Son refus des valeurs bourgeoises fait d’elle, aux yeux des autres, une femme de mauvais goût. Devenue prédatrice pour ne pas rester proie, elle peine à aimer et à se faire aimer. Alors qu’elle trouve peu à peu les mots pour dire son cheminement chaotique, c’est dans le silence des non-dits qu’elle entrevoit la possibilité de se défaire de sa rage autodestructrice et du relent amer qu’elle laisse dans la bouche.
Lisa Randin est née en 1990 dans la région lyonnaise.
Très tôt, elle lit tout ce qui lui passe sous la main. Elle commence à écrire de la poésie à l’adolescence, avant de se tourner vers le roman. Mauvais goût est sa première publication. Elle pratique également la photo argentique.

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Pour écouter Lisa Randin au micro de l’Affranchie podcast, c’est par ici.
CE QU’EN DISENT LES LIBRAIRES :
« Woah, lecture hypnotique. J’ai énormément aimé ce texte “amoral” et profondément réjouissant dans sa rage… » (Les Mots à la bouche)
« Gros coup de cœur de janvier : le tumultueux. » (L’Hibernie)
« Jouissif. Cynique. Non-conformiste. Jubilatoire. CATHARTIQUE !!! Si vous avez aimé Dirty week-end ou Les Orageuses, n’hésitez pas ! Trio gagnant ❤ » (À la marge)
« Une narration à la première personne nous plonge dans les pensées survoltées d’une femme cynique au possible, presque trop lucide, une femme que la société bourgeoise et bien-pensante qualifierait de personne de « mauvais goût ». Mais voilà, quelque chose se passe, un point de bascule, un acte irréfléchi… et pourtant pas tant que ça. Et ça change tout. En tout cas elle essaie de comprendre et de mettre les mots. Une lecture surprenante et captivante d’un premier roman féministe qui ne s’excuse pas ! » (La Madeleine)
Après l’identité

Après l’identité (transitude & féminisme)
Pauline Clochec
disponible en librairie depuis le 20 octobre 2023
160p. / 12x19cm / 14€ / isbn 9782956719441
C’est un fait : il y a des individus qui passent d’un sexe à un autre. Mais, dans ce passage, que signifie « sexe » et quelles sont les conditions et les effets sociaux, politiques et cliniques de ce franchissement d’une différence des sexes pourtant réputée intangible ? Dans une perspective féministe matérialiste, cet ouvrage propose de décentrer la transitude du concept d’identité de genre qui a longtemps orienté sa compréhension. En étudiant les expériences des personnes trans et leurs tactiques pour transitionner librement, il l’appréhende non comme une donnée intérieure à diagnostiquer mais comme une trajectoire sociale et physique. Ce changement de paradigme permet de lui appliquer ce qui reste une revendication féministe centrale : l’autonomie corporelle.
Pauline Clochec est maîtresse de conférences en philosophie morale et politique à l’Université de Picardie. Elle est spécialisée en philosophie allemande ainsi qu’en philosophie féministe, et travaille aujourd’hui particulièrement sur le matérialisme de Marx et sur le rapport du féminisme matérialiste au marxisme. Autrice d’une thèse sur le jeune Marx qui sera publiée prochainement, elle a codirigé Matérialismes trans avec Noémie Grunenwald (Hystériques & AssociéEs, 2021) et Théoriser en féministe avec Anaïs Choulet-Vallet, Delphine Frasch, Margot Giacinti et Léa Védie (Hermann, 2021), et publié plusieurs traductions de Kant (Ellipses, 2011), Marx et Engels (Éditions sociales, 2014, 2020), ainsi que l’introduction à Feuerbach : Pour lire L’Essence du christianisme (Éditions sociales, 2018).

On en parle :
– une recension de l’ouvrage par Jonathan Louli dans la revue Contretemps
Lettres suspendues

Lettres suspendues
Sihem Mazan
disponible en librairie depuis le 22 septembre 2023
128p. / 12x19cm / 12€ / isbn 9782956719434
Ces missives, adressées au père, sont une recherche d’entendement de la violence que les enfants héritent des parents, elle-même héritée des structures de notre société. Les souvenirs de deux générations, celle du père et celle de la narratrice, se racontent ainsi dans une même temporalité troublée. L’Algérie, patrie-mirage, apparait dans les fragments de cette histoire partagée. Le récit se déploie par une expression proche du ressassement, dans une voix qui frôle « le rechignement, le refus artificiel de l’inévitable, cette grâce stérile de la mauvaise humeur ».
(Couverture : Diane Malatesta)
Née en 1991, Sihem Mazan est docteure en littérature et civilisation françaises. Elle vit à Marseille. Lettres suspendues est son premier roman.
(Photo : Liane Vitte)

« Comment parler sans se donner au regard blanc. […] L’écriture de Sihem Mazan a le chic de toujours être sur la crête de l’intime et de quelque chose de beaucoup plus grand encore. En plus de poser de très belles questions sur la violence, la colonialité, l’amour et ce qu’on peut faire de liens brisés, l’écriture est magnifiquement maitrisée et nous procure des frissons du début à la fin. » (Météores)
Fem
« Une lesbienne qui célèbre son désir
symbolise la possibilité du changement social
pour toutes les femmes. »
fem

Joan Nestle
traduite par Noémie Grunenwald & Christine Lemoine
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disponible en librairie depuis le 26 août 2022
ISBN 978-2-9567194-2-7
176 pages
12 x 19 cm
150 g
15 € TTC
(photo de couverture : © Morgan Gwenwald 1980)
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Joan Nestle est une icône lesbienne. Née en 1940 dans le Bronx au sein d’une famille juive de la classe ouvrière, elle a vécu son lesbianisme au grand jour bien avant l’émergence du mouvement pour l’égalité des droits. Féministe et antiraciste, elle s’est engagée dans toutes les luttes de libération qui ont transformé les États-Unis depuis les années 1960. En 1973, elle a cofondé les Lesbian Herstory Archives, qui constituent aujourd’hui le plus grand fonds d’archives lesbiennes au monde. Porte-parole des désirs butch-fem, Joan Nestle s’est revendiquée fem et sexuelle à une époque où cela l’exposait à de virulentes controverses. Dans ce recueil, elle défend la mémoire lesbienne-féministe et explore les dynamiques et les attirances butch-fem.
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Pour découvrir Joan Nestle, n’hésitez pas à prêter l’oreille à la séance n°41 des Parleuses !
VOLONTÉS & DROITS DE L’AUTEUR·E
VOLONTÉS & DROITS DE L’AUTEUR·E
J’ai dû me battre pour récupérer mes droits sur Stone Butch Blues. Quand la première éditrice est entrée en procédure de faillite, j’ai dû dépenser des milliers de dollars de salaire en frais de justice pour récupérer les droits de ce roman, ainsi que ceux du recueil de poésies de Minnie Bruce Pratt, Crime Against Nature. Bien que très malade, j’ai à nouveau récupéré mes droits au printemps 2012.
Une bonne fois pour toutes, par la loi et par mon travail, je détiens les droits d’auteur·e sur Stone Butch Blues. Ce roman n’est représenté par aucune agence littéraire. Je détiens aussi tous les droits numériques.
Je reçois de nombreux messages de lecteur·ice·s, de professeur·e·s, de libraires, d’éditeur·ice·s et de traductrice·eur·s qui me demandent : où peut-on commander des exemplaires de Stone Butch Blues ? Comment obtenir les autorisations pour une réédition, ou une traduction, etc. ?
Celleux qui sont en quête de contrats commerciaux sont coriaces, et parfois ils/elles n’acceptent pas que « non » soit une réponse. Je suis trop malade pour répondre aux questions de contrats ou d’autorisations. J’ai donc retiré Stone Butch Blues du marché capitaliste. Je ne signerai aucun nouveau contrat commercial pour ce roman, pas plus que je ne renouvellerai ceux qui arrivent à expiration.
S’il vous plait, arrêtez le démarchage commercial et les demandes d’autorisations !
J’ai écrit ce qui suit au sujet des droits d’auteur·e et de mes volontés, de la manière la plus claire qui me soit possible, pour répondre aux questions auxquelles je suis le plus souvent confronté·e dans les demandes individuelles.
Je restitue ce roman aux travailleur·euse·s et aux opprimé·e·s du monde entier.
Les mouvements révolutionnaires et anti-capitalistes pour la justice sociale et économique ont tellement apporté à ma vie. Je restitue ce roman aux travailleur·euse·s et aux opprimé·e·s du monde entier, comme un infime cadeau fait-main, avec toutes ses imperfections.
J’ai décidé de conserver l’intégralité des droits d’auteur·e pour Stone Butch Blues, plutôt que de mettre cette édition du 20e anniversaire sous licence Creative Commons1.
Ce n’est pas parce que je vénère la propriété privée, mais plutôt parce que je veux protéger mon travail de l’exploitation commerciale par des entreprises.
Le marxisme ne s’est jamais positionné contre la propriété privée ou la possession personnelle du produit de son propre travail. En fait, le marxisme dit que chacun·e devrait y avoir accès. Mais qu’au lieu de ça, ce sont les 1% des banques et des entreprises qui se sont emparées de l’énorme appareil de production et de distribution construit par les ouvrier·ère·s, comme s’il leur appartenait. Et qui prétendent le posséder dans sa totalité.
En tant que communiste, je suis pour l’abolition de la propriété de ces 1 % qui confisque l’appareil de production bâti par la société.
Les travailleur·euse·s et les opprimé·e·s, qui font déjà tourner le monde au quotidien, sont capables de gérer l’appareil productif pour enclencher les réparations historiques qui n’ont que trop tardé et pour satisfaire les besoins et les volontés des 99 %.
Même si Stone Butch Blues est une fiction, ce roman raconte la vérité. Mais les titres de propriété capitalistes qui disent que les 1 % possèdent tout ce qui a été produit par le travail collectif, que ce soit par l’esclavage ou par le salariat, ces titres-là sont des fictions et doivent être détruits.
Et le jour où ces titres de propriété de papier auront été réduits en cendres, il n’y aura plus besoin de protéger Stone Butch Blues contre l’exploitation commerciale.
Vivement ce jour !
La loi enferme l’homme ou la femme
Qui vole une oie aux communaux
Mais laisse libres les pires crapules
Qui volent les communaux à l’oie.
La loi exige que nous soyons puni·e·s
quand nous prenons ce qui n’est pas à nous
mais laisse tranquilles seigneurs et dames
qui prennent ce qui est à toi et à moi.
La loi enferme l’homme ou la femme
Qui vole une oie sur les communaux
Mais les oies manqueront toujours à la communauté
Jusqu’à ce qu’elles viennent reprendre ce qui leur revient.
(Chant populaire de protestation contre l’appropriation par la classe capitaliste anglaise des terres communes, entre la fin du 17e siècle et le début du 18e siècle.)
***
Droits d’auteur·e
Pour l’heure, j’énonce ici mes droits d’auteur·e sur Stone Butch Blues, à l’occasion de cette édition du 20e anniversaire :
Aucune autorisation, aucun contrat, aucune utilisation commerciale, aucun usage dérivé, aucun droit numérique.
Aucun usage dérivé
Aucune adaptation :
Ne prétendez pas que vous m’honorez en m’expliquant que vous saurez raconter cette histoire mieux que je ne l’ai fait.
Pas de version cinématographique :
J’ai brièvement travaillé sur une version film de Stone Butch Blues jusqu’à ce que je découvre dans une brochure que le/la producteur·rice essayait de lever des fonds en vendant aux investisseur·euse·s un fantasme sexuel : une invitation à regarder des butchs être violées par la police. J’ai demandé à ce qu’aucun film ne soit fait, car je crois qu’aucun film ne peut rendre fidèlement l’intention du livre.
Aucune autorisation pour des usages dérivés :
Une dessinatrice a essayé de faire un livre à partir de ses esquisses de BD de Stone Butch Blues. Elle m’a contacté·e à ce propos et j’ai refusé de lui donner l’autorisation. Elle a ensuite mis sa version de Stone Butch Blues sur internet.
Sa couverture représentait un couple butch/fem interracial en train de danser un slow, une butch blanche et une fem Afro-Américaine avec un gardenia dans les cheveux.
C’était l’imaginaire de l’artiste. Ce couple et cette scène n’existent nulle part dans Stone Butch Blues.
J’ai demandé à plusieurs reprises à l’artiste de retirer sa BD d’internet, mais il m’a fallu de nombreux efforts et beaucoup d’insistance pour obtenir le retrait de ce travail dérivé. Je ne lui avais jamais donné d’autorisation pour l’usage dérivé/digital de Stone Butch Blues.
Le respect commence en demandant l’autorisation, puis en la recevant. Non, je ne donne pas mon accord, pour aucune utilisation dérivée de Stone Butch Blues, et pas seulement en raison de ma maladie.
Quand j’étais enfant, j’ai fabriqué mon propre récepteur radio à partir d’un morceau de bois, de canettes de jus d’orange et de quelques fils et transistors. C’est ainsi que j’ai découvert le monde des fictions narratives que je ne pouvais pas voir, contrairement aux films et à la télé. Ces histoires, je pouvais seulement les entendre et imaginer dans mon esprit à quoi pouvaient ressembler les personnages.
C’est de cette façon-là que j’ai écrit Stone Butch Blues. Beaucoup de gens disent qu’il est cinématographique, mais ils/elles le voient projeté sur l’écran de leur propre imagination.
J’ai fait un choix en écrivant Stone Butch Blues. Un choix basé sur ma colère de voir tant d’auteur·e·s blanc·he·s considérer la blanchité comme une évidence, et décrire leurs personnages uniquement lorsqu’ils/elles sont racisé·e·s. Un choix basé sur ma colère contre les auteur·e·s pour qui la minceur est la référence, et qui précisent uniquement la grosseur lorsque leurs personnages sont gros. Contre les auteur·e·s qui considèrent implicitement que leurs personnages sont valides ou n’ont aucun handicap, mais qui leur collent une étiquette dans le cas contraire.
J’ai décidé que je ne ferai pas ça. Dans Stone Butch Blues, on découvre les personnages à travers leurs réactions au racisme et aux autres violences et préjugés. Je ne nomme pas qui sont les personnages. Je ne le dis pas, je le montre.
Cela implique que les différentes personnes qui lisent ce livre auront différentes images quant aux gabarits, silhouettes, capacités et autres des personnages. Et en tant que lecteur·ice·s, tou·te·s ont un point de vue valable.
Mais pour les artistes qui souhaitent produire une œuvre dérivée à partir d’une histoire que j’ai écrite, cela signifie qu’ils/elles partent de leurs représentations personnelles de qui est Noir·e ou blanc·he, gros·se ou mince, valide ou handicapé·e. Et ces artistes figent leur propre regard pour toujours, comme s’il s’agissait de la vérité de Stone Butch Blues, valable en tous temps et pour tou·te·s les lecteur·ice·s. C’est leur imagination réécrivant le livre en entier, pour tou·te·s les lecteur·ice·s.
Je ne donne pas d’autorisation pour que Stone Butch Blues soit réécrit à partir de l’imagination de quelqu’un·e d’autre.
En tant que communiste blanc·he, je suis responsable des forces et des faiblesses du livre.
Stone Butch Blues n’est pas simplement un roman « prolétaire ». C’est un roman qui incarne la lutte des classes.
Aucun droit numérique. Je suis solidaire du syndicat !
Je ne cède pas de droits numériques.
Stone Butch Blues vit en version numérique à l’adresse suivante : lesliefeinberg.net
Merci de ne pas retirer Stone Butch Blues de la page où il se trouve. Merci de ne pas republier ailleurs le livre, ou des parties du livre. En tant qu’auteur·e, j’ai toujours conservé mes droits numériques. Mon syndicat (National Writers Union/UAW Local 1981) m’a appris à me battre pour ces droits dans les contrats d’édition. Je me joins au syndicat pour défendre les droits numériques des travailleur·euse·s.
Ci-dessous un extrait de la Déclaration des droits de la National Writers Union :
http://www.nwubook.org/DBOR.pdf
Cette déclaration des droits a été proposée en février 2008 par Susan E. Davis, Charlotte Dennett, Bruce Hartford, Timothy Sheard.
Adoptée par le comité exécutif national en février 2008.
Préambule ajouté en août 2008.
Préambule
Nous vivons une période de profondes mutations de l’industrie de l’édition – mutations qui menacent directement les moyens de subsistance des auteur·e·s. La technologie numérique et la diffusion par internet ont permis le développement des copies instantanées. Avec elles, les auteur·e·s voient leurs œuvres reproduites sans leur accord (voire sans qu’ils/elles ne le sachent), puis lancées sur le marché sans contreparties. C’est une violation de la Constitution des États-Unis, qui confère aux créateur·ice·s la propriété de leurs œuvres, et les protège contre la violation du copyright. Alors que les éditeur·rice·s de logiciels comme Google et Microsoft claironnent l’importance de rendre les œuvres accessibles instantanément, et en général gratuitement pour les consommateur·rice·s (tout en étant extrêmement rentable pour les géants de l’Internet), les auteur·e·s subissent une dévaluation de leur travail, et leur profession se réduit à celle de « fournisseur·euse·s de contenus. »
En réponse à cette dégradation de nos droits d’auteur·e·s et à la dévalorisation de notre profession comme créateur·ice·s, nous, auteur·e·s indépendant·e·s de la National Writers Union, avons écrit une déclaration des droits numériques. C’est un moyen de sensibiliser d’autres auteur·e·s, ainsi que le public dans son ensemble, à l’importance de préserver l’acquis le plus essentiel des auteur·e·s : notre copyright.
Déclaration des droits numériques
Les auteur·e·s freelance publié·e·s aux États-Unis possèdent la propriété exclusive de leur travail, en accord avec le principe historique du copyright établi dans l’Article 1, Paragraphe 8, de la Constitution des États-Unis. Cette propriété autorise l’auteur·e à mettre sous licence ou à céder différents types de droits (numériques, géographiques, en langues étrangères, et autres). Une seule exception existe, lorsqu’un·e auteur·e signe un contrat de travail à la commande. Dans un tel cas, en contrepartie d’une juste rétribution, c’est l’éditeur·rice qui détient le travail, et non pas l’auteur·e.
Quand des auteur·e·s publient leurs œuvres sur Internet, ils/elles conservent la protection de leurs droits d’auteur·e·s et leur propriété exclusive sur les contenus. La reproduction et la diffusion électroniques du document, ou d’une partie significative du document, n’abrogent pas la propriété intellectuelle de l’auteur·e. Les contenus accessibles sans frais sur internet sont néanmoins toujours protégés par le copyright.
Quand les éditeur·rice·s numériques copient ou éditent en version électronique sur internet tout ou partie d’une œuvre pour en tirer profit et sans permission de l’auteur, en violation de la loi constitutionnelle, les auteur·e·s ont le droit d’exiger réparation pour cette violation de leur copyright et le vol de leur propriété intellectuelle.
Quand les auteur·e·s découvrent qu’un·e éditeur·rice numérique a reproduit illégalement tout ou partie de leur œuvre, quelle qu’en soit l’origine, ils/elles ont le droit d’exiger que cesse immédiatement l’infraction, que le contenu soit retiré de l’affichage ou de la vente dans un délai de 48 heures, et/ou que leur soit payé le préjudice et/ou une rémunération négociée sur la base des tarifs standards pour l’usage passé et/ou actuel.
1. Creative Commons est un ensemble de licences créé pour favoriser la libre circulation des œuvres. Elles permettent aux auteur·e·s de choisir ce qu’elles/ils veulent autoriser ou non : production dérivée, usage commercial, modifications, etc.
POSTFACE DE L’AUTEUR·E : EXTRAITS (édition des 10 ans)
POSTFACE DE L’AUTEUR·E : EXTRAITS
STONE BUTCH BLUES
Édition du 10e anniversaire – 2003
Pour ce dixième anniversaire de la publication de Stone Butch Blues, je viens tout juste de finir de relire le roman pour la première fois. Ça vous parait bizarre ?
J’ai écrit ce récit de l’intérieur, immergé·e dans ses profondeurs, tracté·e par son courant. Lorsque j’ai tenu ce livre entre mes mains, les mots imprimés m’ont parus semblables à la vague trace d’un animal dans un paysage régulier ; une piste froide que je n’arrivais pas à suivre.
Aujourd’hui, dix ans plus tard, je suis surpris·e et étonné·e de redécouvrir les personnages que j’ai créé·e·s, et qui ont elleux-mêmes développé leurs vies imaginaires, indépendamment de la mienne, comme des enfants qui grandissent. J’ai découvert un cheminement différent de mon histoire personnelle, pourtant marqué par l’intime familiarité avec ma propre expérience de vie. J’ai repéré la théorie – dans sa forme vivante – dans les mouvements et les interconnections. Pas difficile à comprendre, mais difficile à vivre.
Et j’ai senti la chaleur de ce feu impossible à éteindre qu’est la résistance à l’oppression.
Tout comme ma propre vie, ce roman dépasse les catégorisations faciles. Si vous avez trouvé Stone Butch Blues dans une librairie ou dans une bibliothèque, dans quelle catégorie était-il rangé ? Fiction lesbienne ? Gender studies ? Tout comme Le Puits de solitude de Radclyffe/John Hall1, ce livre est à la fois un roman lesbien et un roman transgenre – faisant de « trans » un verbe autant qu’un adjectif.
« Est-ce que c’est de la fiction ? » – on me le demande souvent. Est-ce que c’est vrai ? Est-ce que c’est réel ? Oh, c’est tout ce qu’il y a de plus réel. Tellement réel que ça saigne. Et pourtant c’est un rappel : ne jamais sous-estimer le pouvoir de la fiction pour dire la vérité.
Quand Stone Butch Blues a été publié, je pensais garder les cartons de livres dans mon placard, pour les distribuer aux personnes prêtes à le lire. Mais ce livre, comme le mouvement social auquel il était inextricablement lié, a pulvérisé la porte du placard, l’arrachant de ses gonds.
Depuis lors, j’ai reçu le cadeau de milliers de lettres, e-mails et coups de téléphone ; des émotions sincères partagées par des personnes que j’avais rencontrées dans des rassemblements, meetings, universités. J’ai été interpellé·e par des inconnu·e·s, dans des endroits tels qu’une station-service de l’Iowa rural ou un centre commercial à Jersey City. Pour la majeure partie, leurs combats ne semblaient pas liés d’une quelconque manière aux oppressions basées sur la sexualité, le genre, ou le sexe. Mais ils/elles ont pris le temps et le soin de m’expliquer l’impact de ce livre sur leur idées, sur leurs décisions, sur leurs actions.
Des gens ayant vécu des vies très différentes m’ont généreusement rapporté les points communs avec leurs propres luttes qu’elles/ils avaient trouvé dans ces pages – le gout de la bile, le brasier de la rage – transsexuel·le·s hommes et femmes, travesti·e·s hétérosexuel·le·s et femmes à barbe, personnes intersexes et androgynes, personnes bi-genres et tri-genres, et beaucoup d’autres identités délicatement définies et exprimées.
Peut-être que ce qui a le plus résonné en moi a été d’apprendre que des copies de Stone Butch Blues circulaient en prison, d’une cellule à l’autre, jusqu’à en être abimées et finir en lambeaux.
Ce livre a voyagé dans des régions que je n’ai encore jamais vues. Des lettres et des e-mails me sont parvenus depuis le bout de l’Amérique du Sud jusqu’aux confins éloignés du Nord ; de l’Afrique à l’Asie. Le roman est traduit en néerlandais et en allemand. L’édition en chinois, avec une préface que j’ai écrite pour les lecteur·rice·s de là-bas, a été publiée en feuilleton dans un des plus grands quotidiens de Taïwan, et sa lecture recommandée autant aux adolescent·e·s qu’aux adultes. Et d’autres traductions sont en cours.
Est-ce que publier ce roman a changé ma vie ? Oui. Et non. Ça n’a pas altéré la trajectoire de mon existence. Alors que je finissais d’écrire Stone Butch Blues, j’avais déjà vécu trente ans dans le tourbillon de l’aile gauche de la libération LGBT. J’étais un·e activiste révolutionnaire depuis plus de vingt ans ; journaliste hebdomadaire et co-rédactrice·eur en chef du journal Workers World2. J’avais combattu les guerres d’agression3 du Pentagone. Soutenu l’autodétermination des Palestinien·ne·s. Œuvré à défendre les prisonnier·e·s politiques tels que Mumia Abu-Jamal4 et Leonard Peltier5. Été l’un·e des organisatrice·eur·s de la Marche contre le Racisme de Boston, en 19746. Voyagé dans tout le pays en 1984 pour parler de la crise du sida. Je m’étais mobilisé·e pour contrer les nazis et le Ku Klux Klan, pour protéger les droits reproductifs des femmes, et j’avais contribué à rendre les meetings et manifestations plus accessibles pour les Sourd·e·s et les activistes handis…
Je laisse aux historien·ne·s7 le soin d’analyser les changements de la décennie écoulée depuis la rédaction de ce roman, et de replacer la publication de Stone Butch Blues au cœur des efforts sociaux et politiques, immenses et tenaces, pour combattre les injustices de la société.
Mais avec ce roman, j’ai planté un drapeau : je suis là – y a-t-il d’autres personnes qui veulent discuter de ces importantes problématiques ? J’ai écrit ça, non pas comme une expression artistique individuelle « élitiste », mais comme un tract imprimé par un·e syndicaliste prolétaire – comme un appel à l’action. Quand, lors de ma première lecture publique dans une librairie, quelqu’un·e m’a demandé de dédicacer une copie du livre pour un·e ami·e trop timide pour adresser la parole à un·e auteur·e publié·e, ça m’a brisé le cœur. J’ai travaillé toute ma vie à mettre en avant l’organisation collective, et non pas à mettre en avant des personnes…
Stone Butch Blues est un pont pour la mémoire. L’immense dégât humain de l’épidémie du sida, et de l’oppression dans son ensemble, a créé un gouffre béant : quasiment des générations entières disparues. En conséquence, l’histoire des mouvements sociaux et de leurs enseignements est intermittente.
Retrouver notre mémoire collective est en soi un acte de lutte. Cela permet aux flots générationnels de la rivière agitée qu’est notre mouvement de s’écouler ensemble – dans l’imposant grondement de nos eaux. Et le cours de notre mouvement n’est pas canalisé dans ses berges comme celui de la Hudson River8 – c’est à nous de le déterminer. De Selma9 à Stonewall10 en passant par Seattle11, celles et ceux qui croient en la liberté ne se reposeront pas avant d’avoir gagné toute les batailles.
J’écris ces mots alors que les Pride déferlent sur juin 2003. En quelle année sommes-nous, quand vous lisez ces lignes ? Qu’est-ce qui a été gagné ? Qu’est-ce qui a été perdu ? Je ne peux pas le voir d’ici, je ne peux pas prévoir. Mais je sais cela : vous êtes en train de vivre les répercussions des positions prises par notre mouvement, et des combats que nous menons aujourd’hui. Le présent et le passé sont la trajectoire du futur. Mais l’arc de l’histoire ne se plie pas automatiquement vers la justice. Comme l’a noté le grand abolitionniste Frederick Douglass12 : sans lutte il n’y a pas de progrès.
C’est pour cela que les personnages de Stone Butch Blues se battent. Et le dernier chapitre de cette saga de la lutte n’a pas encore été écrit.
—
1. Radclyffe/John Hall (1880-1943) est un·e écrivain·e anglais·e. Portant des vêtements masculins et se faisant appeler John à certains moments de sa vie, il/elle a vécu ouvertement en couple avec plusieurs femmes. Paru en 1928, Le Puits de solitude raconte l’histoire d’une personne assignée femme mais élevée comme un « garçon manqué », qui découvre son homosexualité. Le roman a fait scandale à sa parution et a été interdit en Angleterre. Il s’achève sur ces mots : « Reconnaissez-nous, oh Dieu, devant le monde entier ! Concédez-nous, à nous aussi, le droit à l’existence ! »
2. Journal hebdomadaire publié par le Workers World Party, un parti politique communiste états-unien. Il défend les droits de tous les peuples opprimés et le droit à l’autodétermination, y compris au sein des États-Unis. Il défend également – et depuis longtemps – les droits LGBT.
3. L’expression war of aggression renvoie à des conflits militaires menés sans l’excuse de devoir se défendre (guerre du Viet-Nam ou guerre du Golfe par exemple).
4. Mumia Abu-Jamal, journaliste, écrivain et militant pour les droits des Afro-états-unien·ne·s, a été condamné à mort en 1982 pour le meurtre d’un policier. Bien qu’il ait été établi que des pressions policières avaient été exercées lors du procès, et que Mumia Abu-Jamal était une cible du FBI en raison de son activisme, la justice américaine refuse toujours de ré-ouvrir le procès sur le fond, et sa peine a été commuée en prison à perpétuité.
5. Leonard Peltier est un militant natif-états-unien, membre de l’American Indian Movement, condamné sans preuve à la prison à perpétuité pour le meurtre de deux agents du FBI en 1975. Comme pour Mumia Abu-Jamal, une mobilisation internationale importante réclame la libération de Leonard Peltier.
6. Bien que la ségrégation scolaire soit proclamée anti-constitutionnelle depuis 1954, elle est encore largement pratiquée. Dans les années 1970, le busing est mis en place à Boston. Il s’agit d’un transfert automatique des élèves, d’une école à l’autre, pour assurer une meilleure mixité raciale. Des transports en bus sont organisés pour permettre aux élèves de rejoindre leur école. Des groupes réactionnaires se montent, s’opposant à ces mesures avec hostilité. C’est dans ce contexte qu’une manifestation d’ampleur contre le racisme est organisée le 14 décembre 1974.
7. Dans le texte en anglais, Leslie Feinberg fait un jeu de mots en écrivant « historians, herstorians and hirstorians ». Les premières lettres du terme history, qui veut dire histoire, sont les mêmes que celles du pronom personnel masculin his (et renvoient implicitement à l’histoire du point de vue masculin). Feinberg reprend la modification herstory créée par les féministes dans les années 1970 à partir du pronom personnel féminin her ; et rajoute hirstory à partir du pronom neutre hir fabriqué par les militant·e·s transgenres et intersexes refusant de se positionner selon la dualité masculin/féminin.
8. La Hudson River est un fleuve traversant l’État de New York.
9. Selma est une ville d’Alabama, connue pour avoir été le départ de trois marches pour les droits civiques en 1965.
10. Le Stonewall Inn est un bar de New York, théâtre des émeutes de 1969 symbolisant la naissance du mouvement de libération gay aux États-Unis.
11. En 1999, d’importantes manifestations ont lieu à Seattle, contre un sommet de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce). C’est la première fois que des manifestations arrivent à bloquer un sommet international.
12. Frederick Douglass (1817-1895) est un militant abolitionniste états-unien, ancien esclave. Orateur reconnu, il est l’auteur de cette phrase célèbre : « whitout struggle there is no progress ».
NOTES DE L’AUTEUR·E (édition des 20 ans)
NOTES DE L’AUTEUR·E POUR L’ÉDITION ANNIVERSAIRE DES 20 ANS DE STONE BUTCH BLUES
Leslie avait espéré pouvoir écrire une introduction à cette nouvelle édition anniversaire des 20 ans de Stone Butch Blues. Mais avant d’y parvenir, elle a été hospitalisée à domicile. Les notes qui suivent sont un mélange de ce que Leslie avait déjà écrit et de ce que j’ai tapé, assise à son chevet pendant qu’elle continuait à travailler. Au sujet de ces notes, Leslie m’a dit : « c’était le mieux que je pouvais faire ».
Le 15 novembre 2014, Leslie est morte à la maison. Pour plus de détails sur sa santé, allez voir ses notes de recherches sur l’épidémie de Lyme et d’autres maladies qui y sont liées : “Casualty of an undeclared war”, sur http://www.transgenderwarrior.org1.
Vous pouvez aussi lire un bref récit de sa vie que nous avons écrit ensemble, sur : https://www.workers.org/2014/11/18/leslie-feinberg/2
—Minnie Bruce Pratt
Notes de l’auteur·e
Stone Butch Blues
Édition 20e anniversaire – Automne 2013
J’avais espéré écrire une introduction pour replacer le roman dans le contexte historique et social de la seconde moitié du 20e siècle. Quand il est question de politique, le contexte fait tout. Et Stone Butch Blues est un discours éminemment politique, ancré dans son époque et rédigé par un·e communiste blanc·he et syndicaliste de terrain.
Cependant, je suis si malade qu’au moment de cette publication je suis seulement capable d’écrire ces trois brèves notes.
Au sujet du langage
L’utilisation du terme « transgenre » a changé au cours des deux décennies qui se sont écoulées depuis que j’ai écrit Stone Butch Blues.
Depuis cette époque, le terme « genre » est de plus en plus utilisé pour parler de sexe, plus que d’expression de genre. Ce roman défend un autre point de vue.
En raison de la maladie, j’ai été coupé·e des débats sur le langage depuis quasiment dix ans.
Alors, tout ce que je peux dire, c’est que tout comme les avions, les trains ou les voitures, les mêmes véhicules technologiques que sont les hormones et la chirurgie peuvent embarquer les gens pour différents voyages au cours de leur vie. Ces voyages peuvent différer s’ils vivent une/des oppression/s basée/s sur le sexe / la bicatégorisation de sexe, sur l’expression de genre / l’expression personnelle, sur la sexualité, la nationalité, le statut d’immigrant·e, l’état de santé, de validité ou de handicap, et/ou l’exploitation économique de leur travail.
Je suis d’accord avec CeCe McDonald, quand elle écrit depuis une cellule de prison :
« Pour atteindre notre but, nous devons promouvoir la justice raciale, sociale et économique pour la jeunesse trans, ainsi que la liberté d’autodéterminer son identité et son expression de genre. »
16 novembre 2012 – http://supportcece.wordpress.com/
Au sujet des pronoms
Je respecte le pronom de toute personne, en tant que part importante de son humanité et de son individualité. L’usage de mon propre pronom a été complexifié par le chevauchement des oppressions.
Mais ces dernières années, je me suis autant senti·e proche du pronom nous que des pronoms il, elle, et iel.
J’introduis ici des liens vers deux articles que j’ai écrits après Stone Butch Blues au sujet du pronom nous3:
“Many Histories Converged at Stonewall: Lavender & Red 71”
http://www.workers.org/2006/us/lavender-red-71/
“Honoring LaTeisha Green”

“Family and supporters of LaTeisha Green”
Central New York Pride, Syracuse, 19 juin 2009
Au sujet des modifications
Tout ce qui existe est susceptible de changer et de se développer.
Cette nouvelle édition anniversaire des 20 ans de Stone Butch Blues est aussi proche que possible de l’originale.
Mais les technologies qui ont produit la première édition étaient trop vieilles pour être réutilisées pour réimprimer la version d’origine. Il a donc fallu retranscrire le roman afin de créer un nouveau manuscrit numérique. Il a été recopié à partir du livre imprimé, puis relu et corrigé de nombreuses fois.
J’ai écrit ce roman sur un ordinateur portable que j’avais emprunté, m’y consacrant le soir en sortant du travail. Juste avant qu’il parte à l’impression, on m’a demandé d’en couper un tiers, et je n’avais pas l’expérience de l’édition que j’ai aujourd’hui.
Pendant vingt ans, coquilles, oublis et autres petites erreurs ont constellé le texte, m’obligeant à m’interrompre, quand je le lisais en public, pour dire haut et fort : « Ça, c’était une erreur ! » Cette nouvelle édition m’a permis de réparer ces erreurs.
Alors que ma vue se dégradait et que je devenais trop malade pour pouvoir relire le roman, Minnie Bruce et la correctrice Becca Shaw Glaser ont parcouru le livre, trouvé des questions et me les ont soumises. C’est moi qui ai pris toutes les décisions concernant les erreurs trouvées dans l’original.
Mon approche de l’édition, de la révision et de la réédition – qu’il s’agisse de mon propre travail ou de celui d’autres personnes – a toujours été pleine de respect pour le texte original. J’ai porté la même éthique pour cette nouvelle édition de Stone Butch Blues.
Si elle n’avait pas été abimée, je ne l’aurais pas réparée. Je ne suis pas de l’école de George Lucas, qui révise Star Wars pour changer qui tire le premier4.
La poète/écrivaine Audre Lorde a selon moi résumé de la manière la plus significative la déontologie de la modification, lorsqu’elle a dit que le but d’une révision était de rendre une œuvre « plus proche de ce qu’elle doit être, afin qu’elle puisse réaliser le travail émotionnel qui lui incombe ».
—-
1. « Victime d’une guerre non-déclarée ». L’introduction de ce dossier est traduite dans la présente édition française.
2. Ce texte est également traduit en annexe de la présente édition française.
3. Ces deux articles sont traduits en annexe de cette édition française.
4. George Lucas est le réalisateur des films Star Wars. Lors de la sortie d’une version remastérisée d’un film de la saga en 1997, une scène a été légèrement modifiée, déclenchant une vive polémique chez les fans. Dans la version originale de 1977, c’était Han Solo qui ouvrait le feu dans un bar, alors que dans la nouvelle version c’est son adversaire qui tire en premier.
Avertissement de l’auteur·e
Avertissement de l’auteur·e
Chèr·e Lecteur·rice :
Je veux vous avertir que Stone Butch Blues est un roman anti-oppression/s.
En conséquence, il contient des scènes de viols et d’autres violences.
Cette violence n’est jamais gratuite ni voyeuriste.
Leslie
