Chapitre 20

20

Je me tenais immobile devant Grand Central Station1, le regard tourné vers le ciel. Je me sentais à nouveau comme une enfant, comme si j’étais debout au fond d’un canyon de béton aux parois vertigineuses, dans lequel déferlait un torrent de gens. Des inconnus me bousculaient sur leur passage. Bouge de là, connard. Ça m’a rappelé l’effet que ça faisait de grandir dans le monde des adultes, comme s’ils s’étaient tous concertés pour élaborer un plan d’action sans me donner le moindre indice pour le comprendre.

Je me suis frayé un chemin jusqu’au trottoir et j’ai demandé au gars du kiosque à journaux :

– Elle est où la 42e rue ?

– T’es en plein dessus, m’a-t-il répondu sèchement.

– Comment est-ce qu’on trouve un appartement dans cette ville ? lui ai-je demandé.

– Tu veux un appart ? Trouve quelqu’un qui a un HLM et bute-le.

Quand il m’a tendu un exemplaire du Village Voice2 et qu’il a pris mon argent, il ne souriait pas.

Je me suis adossée contre la façade d’un immeuble et j’ai regardé la foule se déverser devant moi. J’ai alors réalisé que pour vivre dans cette ville, il fallait une stratégie. Et je n’en avais pas. J’avais six-cents dollars. Avec ça, il fallait que je trouve un appartement et que je garde assez pour la nourriture et les transports jusqu’à ma première paye.

Heureusement, la 42e rue était effectivement pleine de cinémas ouverts toute la nuit. L’entrée était à trois dollars et on pouvait voir des films de kung-fu s’enchainer sans fin. J’ai choisi un cinéma et je me suis retrouvé dans un monde d’hommes. À l’intérieur, ça sentait le tabac froid et le pétard. Je ne m’étais pas rendu compte que beaucoup de sièges étaient cassés avant de m’asseoir et d’atterrir sur le sol poisseux. Les hommes les plus proches ont jeté un coup d’œil dans ma direction et se sont remis à regarder l’écran.

J’ai adoré les films. Ils avaient l’air d’avoir un thème commun. Un jeune homme fait face à un ennemi puissant. Il n’a pas d’autre choix que de trouver un professeur capable de l’entrainer à la technique du singe, de la mante religieuse, du tigre, de la griffe d’aigle et du scorpion. Mais le coup de théâtre, c’est que le professeur n’est lui-même pas assez fort, ou qu’il meurt avant que le jeune homme soit prêt. Il y avait toujours besoin d’une alliance particulière de compétences et de connaissances pour vaincre l’adversaire. Le héros était honorable : humble, discipliné, et très respectueux avec sa copine, si ce n’est chaste.

Mais à chaque fois qu’une femme apparaissait à l’écran, les hommes autour de moi criaient : « Bouffe-lui la chatte ! Baise-la, cette salope ! » Au début, ça m’a fait peur. Puis, j’ai réalisé qu’à part moi, il n’y avait que des hommes dans le public. À qui pouvaient-ils s’adresser, si ce n’était les uns aux autres ? Chaque mec défoncé qui criait du fond de sa torpeur essayait-il de convaincre son voisin qu’une femme pouvait toujours le faire bander ? Que même si le poids de la rue l’avait écrasé, il était toujours un vrai mec ?

J’avais sans cesse repoussé le moment d’aller aux toilettes, mais au bout d’un certain temps, il a quand même fallu que j’y aille. La puanteur m’a assaillie au moment où j’ai ouvert la porte des toilettes des hommes. Un vieux était assis sur les chiottes, une aiguille plantée dans le bras. Il hochait la tête. Le carrelage était gluant de crasse. Les cabines n’avaient pas de porte. La plupart des chiottes débordaient de merde et de papier toilette.

Je me suis faufilé dans les toilettes des femmes. Elles servaient si peu qu’elles sentaient le renfermé. La porte s’est ouverte juste au moment où je remontais ma braguette.

– Qu’est-ce que tu fais là ? m’a demandé un gars avec un blazer rouge.

J’ai sorti ma voix rauque.

– J’viens de chier. Y a un problème ?

Je l’ai poussé en sortant et je suis retournée à mon siège. Après avoir vu chaque film deux fois, j’ai commencé à somnoler.

Le lendemain matin, j’ai marché en demandant mon chemin à presque tous les gens que je croisais, jusqu’à ce que j’arrive sur le seuil de la première agence immobilière que j’avais trouvée dans le Voice.

– Vous n’avez pas quelque chose de moins cher ? ai-je demandé à la femme de l’agence.

– Vous voulez un appartement ou un taudis ? Deux-cent-cinquante dollars, c’est une affaire.

J’y ai réfléchi.

– Je peux emménager quand ?

– Voilà les clés, a-t-elle dit.

J’ai tendu la main pour prendre les clés. Elle les a retenues.

– C’est un mois de loyer, un mois de caution et les frais d’agence. Ça fait sept-cent-cinquante dollars, à payer tout de suite.

– Je n’ai que cinq-cents dollars, lui ai-je répondu en espérant que les cent dollars que j’avais en plus me permettraient de tenir jusqu’à ce que je trouve un travail et que je sois payée.

Elle m’a regardé de haut en bas et m’a tendu la paume de sa main.

– Je prends les cinq-cents dollars maintenant. Il restera les frais d’agence. Vous avez jusqu’à vendredi. Si d’ici là vous ne m’amenez pas l’argent, vous dégagez.

J’ai signé le bail en la remerciant.

Elle aurait pu se passer de me donner les clés. L’appartement n’avait pas de serrure. Il n’avait d’ailleurs pas non plus de four, de frigo, d’eau courante ni même de parquet. J’ai sauté de poutre en poutre avec précaution.

J’ai dévalé les cinq étages en courant et j’ai appelé l’agence.

– C’est insalubre, ai-je dit à la femme.

– C’est pas mon problème, a-t-elle répondu.

– Je veux être remboursé, ai-je repris.

Elle a ri, presque gentiment.

– Vous avez signé un bail, mon chou. Il est à vous pendant trente jours.

– Remboursez-moi ! Il y a bien des lois. Vous ne pouvez pas faire ça, ai-je bafouillé en vain.

Il faisait presque nuit et j’avais froid. Le mec de l’épicerie du coin de la rue m’a donné quelques cartons. J’ai remonté les cinq étages. J’ai coincé un bout de carton dans la porte pour qu’elle reste fermée, et j’ai aplati le reste pour m’en faire un lit. Je suis restée allongée là. Je me sentais tellement stupide. Je n’avais maintenant presque plus d’argent et toujours pas de salaire.

J’ai entendu des bruits de pas dans l’escalier. Je me suis demandé qui ça pouvait être, vu que l’immeuble semblait abandonné. Les pas se sont rapprochés. Ils se sont arrêtés à mon étage et ont repris jusqu’à ma porte. Je me suis tenu immobile, en essayant de retenir ma respiration. Un seul coup dans la porte et cet inconnu saurait que je l’avais juste coincée de l’intérieur. Je suis resté un moment sans faire de bruit, pendant que quelqu’un se tenait en silence devant ma porte. Puis j’ai entendu les bruits de pas redescendre les escaliers. J’ai bondi et j’ai attrapé mon sac en toile, pressée de sortir de ce dangereux dépotoir. Qu’est-ce qui m’avait fait croire que je pourrais survivre dans cette ville ?

Je n’avais aucune idée d’où passer la nuit, à part dans les cinémas qui projetaient des films de kung-fu. Ça me semblait beaucoup plus sûr qu’un immeuble abandonné. J’ai interpellé un Chinois dans la rue et je lui ai demandé où j’étais.

– Mott Street3, a-t-il répondu. Où est-ce que vous allez ?

– Times Square, la 42e rue, ai-je soupiré.

Il m’a indiqué la direction d’un geste du bras.

– Ligne A.

Mais où était donc ce foutu métro ? Comment les gens faisaient-ils pour le trouver dans cette ville ? J’ai continué à demander et à demander encore, jusqu’à ce que quelqu’un m’indique un escalier qui descendait sous terre. J’ai acheté un billet et je suis entrée dans l’univers du métro new-yorkais. Rien dans ma vie ne m’avait préparée à ça.

À Buffalo, j’avais toujours eu mon propre véhicule. Même quand je devais prendre le bus, on était toutes assises dans le même sens, en train de rêver. Dans le métro, on était toutes face à face.

La rame était bondée. Je n’avais jamais eu l’occasion d’observer les gens de cette façon. La plupart des voyageurs avaient l’air de dormir debout, les yeux vitreux. Les autres avaient la tête dans un journal ou dans un livre. Puis j’ai soudain réalisé qu’il y avait au moins quelques personnes qui faisaient exactement la même chose que moi. Elles regardaient les gens. Elles me regardaient moi.

La femme assise en face de moi me dévisageait comme si je venais d’une autre planète. Elle a filé un coup de coude à son copain :

– Tu crois que c’est un garçon ou une fille ?

Il m’a regardé de haut en bas.

– Qu’est-ce que j’en sais ?

J’espérais qu’on arriverait bientôt à la 42e rue.

Il m’a demandé :

– Hé, t’es un mec ou quoi ?

Je l’ai fixé d’un air vide.

– Hé, je t’ai posé une putain de question. T’es sourd ou quoi ?

Je n’ai pas répondu. Il s’est levé et s’est dressé au-dessus de moi en se tenant aux poignées. Il s’est penché près de mon visage. Il sentait la bière.

– Je vais te le demander une dernière fois, connard. Qu’est-ce que t’es, putain ?

Le train s’est arrêté à la 42rue et les portes se sont ouvertes. Il me bloquait le passage.

– Viens, chéri, lui a dit sa copine en le tirant vers elle.

Je me suis levé. On s’est retrouvés face à face. J’ai serré les poings.

– Allez, chéri ! a-t-elle dit pour le calmer. Tu m’as promis que tu ne te battrais pas aujourd’hui.

Ils se sont retournés et sont sortis du train. J’ai décidé de rester dedans.

– Espèce de sale tarlouze, a-t-il lancé.

– Va te faire foutre, lui ai-je répondu en hurlant.

– C’est un mec, a-t-il précisé à sa copine.

Je suis descendue à la station suivante et j’ai longé la 8e avenue pour rejoindre la 42e rue. Si j’arrivais à gagner assez d’argent, je pourrais peut-être retourner à Buffalo. Sur le moment, j’y croyais.

– Tu veux prendre du bon temps, chéri ?

Une femme est descendue du trottoir d’en face et a ouvert son manteau en faux léopard pour me montrer son bustier noir.

– Laisse-moi m’occuper de toi, a-t-elle dit en se mordillant la lèvre et en s’accrochant à mon bras.

Je me suis souvenu de mes premiers pas de bébé butch et de la force que des pros comme elle m’avaient donnée à ce moment-là. À une époque, on était du même côté de la barrière. Mais maintenant, je passais pour un micheton. Je me suis éloignée d’elle, horrifiée.

– Va te faire foutre, m’a-t-elle lancé en crachant sur le trottoir, juste devant moi.

J’ai remarqué une voiture de police, garée en biais au milieu du carrefour. J’ai entendu les sirènes hurler derrière moi.

J’étais près d’un petit groupe de flics. L’un d’entre eux a poussé une drag queen Noire en bas résille contre la voiture de police et lui a menotté les mains dans le dos.

Elle a tourné le visage vers moi. Aide-moi, a-t-elle demandé sans un mot.

Je ne sais pas comment, ont répondu mes yeux.

Deux autres flics rôdaient autour d’une drag queen étalée sur l’asphalte. Des bulles de sang s’échappaient d’une large entaille qu’elle avait au front. L’un d’eux s’est agenouillé à côté d’elle. Sans me quitter des yeux, il s’est approché d’elle pour palper un de ses seins gonflés par les hormones.

– Pouet pouet ! a-t-il rigolé en le pressant.

Je me suis arrêté net, pétrifié, empli de haine. Je ne savais pas comment intervenir, à part en restant là comme témoin. Le flic le plus proche de moi s’est rapproché. Il a amené son visage tout près du mien.

– C’est quoi ton putain de problème ? m’a-t-il demandé.

Il avait mangé de l’ail peu de temps auparavant. Je suis restée immobile, sans rien dire. Il m’a assené un coup dans les côtes avec l’extrémité de sa matraque.

Il m’a demandé :

– T’as envie que je t’embarque ?

L’idée de me faire arrêter toute seule à New York me terrifiait.

– Tu vas me répondre, hein ? Oui ou non ?

J’étais figé. Il a attrapé sa matraque à deux mains et l’a posée à l’horizontale sur ma poitrine.

– Oui ou non, enculé ?

– Non, ai-je répondu dans un souffle.

– Tu veux dire Non, monsieur, m’a-t-il corrigé.

J’ai serré les dents. Il m’a regardée dans les yeux.

– Dégage de là ! a-t-il ordonné.

J’ai dévalé la 46e rue jusqu’à ce que je ne puisse plus entendre le son de leurs rires. J’étais à bout de souffle. Un vent glacial provenait de la rivière.

Une jeune enfant se tenait près d’une voiture, côté conducteur. Elle parlait à l’homme au volant. Si elle n’avait pas eu des talons hauts, elle n’aurait pas été assez grande pour le regarder dans les yeux. Elle portait une veste courte et légère et des bas nylon. Elle devait être transie de froid. Je l’ai vue faire le tour de la voiture et monter du côté passager.

Je n’avais nulle part où m’enfuir. J’ai posé le front contre la brique froide de la façade d’un immeuble. Une douleur physique m’a traversé la poitrine pour monter jusque dans ma gorge. J’ai ouvert la bouche pour crier, mais aucun son n’est sorti.

***

Le matin suivant, j’étais déjà en train d’attendre en face de l’agence d’intérim de la 42e rue à l’ouverture. Un homme en veste de sport à carreaux a relu ma candidature avec attention.

– Réformé pour quelle raison ? m’a-t-il demandé.

– Hein ?

– Le service militaire. Tu t’es fait réformer pour quoi ?

J’ai haussé les épaules. Je n’avais pas rempli cette partie du formulaire.

– J’ai pas fait mon service.

Il s’est enfoncé dans sa chaise.

– Et pourquoi pas ?

Je me suis penchée en avant.

– Monsieur, vous avez un travail pour moi ou pas ?

Il a reposé brutalement son stylo.

– T’as ton permis de conduire ?

J’ai hoché la tête.

– Passe-le, m’a-t-il dit.

– Non. Je ne veux surtout pas conduire dans cette ville de fou.

Il a griffonné quelque chose sur un bout de papier.

– T’sais conduire un monte-charge ?

J’ai fait oui de la tête.

– Usine de machines à coudre, a-t-il annoncé. Cariste.

– Ça paie combien ?

Il a souri.

– Quatre-vingts dollars la semaine. On prend quarante dollars cette semaine et la prochaine.

Je me suis penché en avant avec colère.

– Pourquoi ?

– Parce qu’on t’a trouvé le boulot. Tu le veux ou pas ?

J’ai soufflé, la mâchoire serrée.

– Ouais, je vais le prendre.

Il a tout de suite eu l’air de meilleure humeur.

– C’est bien, voici les indications. Écoute, petit, y’a rien de gratuit dans la vie.

Toute la semaine, j’ai vécu de sandwichs au beurre de cacahuète. Le jour de la paye, je me suis fait plaisir à la cafétéria en face de l’usine.

– Du gigot, ai-je indiqué du doigt.

L’homme derrière le comptoir a hoché la tête et a commencé à le découper.

– Lo mismo4, lui a dit la vieille femme à ma gauche.

Mon ventre a gargouillé. La femme m’a souri d’un air complice. Toutes les deux, on dévorait des yeux la viande en train d’être découpée.

Les tranches de viande continuaient à s’empiler dans mon assiette et l’homme en ajoutait encore. La femme a hoché la tête dans ma direction. J’ai haussé les sourcils. Elle a soupiré.

– Les hommes doivent manger plus, a-t-elle dit.

Après le travail, je suis allée à la quincaillerie m’acheter deux solides loquets et deux verrous. Je suis retournée à l’immeuble abandonné de Mott Street, et je les ai posés de façon à pouvoir verrouiller la porte de l’intérieur et de l’extérieur. Puis, je suis allé acheter du contreplaqué pour recouvrir une partie du plancher manquant, et un matelas gonflable bon marché en guise de lit. Lors de ma première nuit à New York, j’avais failli mourir de peur dans cet immeuble. Mais une semaine plus tard, je sentais que j’allais mourir si je n’avais pas quelques nuits d’intimité.

Il n’y avait pas l’eau courante dans l’immeuble. Mais quand l’un des gars du cinéma m’a vu rincer un t-shirt dans le lavabo des toilettes pour hommes, il m’a dit que Grand Central Station était un bien meilleur endroit pour se décrasser.

La journée, je remplissais des missions d’intérimaire, je faisais la plonge et chargeais des camions. Après le travail, j’attendais la fin de l’heure de pointe, je lavais un t–shirt dans les toilettes des hommes de Grand Central Station et je le ramenais à la maison pour le faire sécher. Au petit matin, je retournais à Grand Central Station pour me laver. À cette heure-là, les toilettes des hommes étaient le territoire des mecs sans abri qui, comme moi, luttaient pour s’accrocher aux derniers lambeaux de dignité qui leur restaient. À deux reprises, j’ai soupçonné qu’un homme sans abri emmitouflé dans plusieurs manteaux était en réalité une femme.

Grâce à une deuxième agence d’interim, j’ai décroché un boulot de veilleur de nuit. Au moins, je pouvais aller aux toilettes en privé. Je devais faire une ronde toutes les heures. En mettant un réveil, je pouvais dormir quarante deux minutes par heure.

Travailler jour et nuit me tuait, mais la perspective de gagner assez d’argent pour louer un vrai appartement me motivait.

Comme il faisait de plus en plus froid, j’ai fini par attraper une toux que pastilles et sirops ne suffisaient pas à calmer. Ma gorge était à vif. J’espérais que ça passerait. Plus tôt dans la semaine, un des gars s’était adressé à moi sur le quai de chargement :

– Rentre chez toi, pour l’amour de dieu !

– J’peux pas me le permettre, lui avais-je répondu.

Je brulais de fièvre. Le trottoir tanguait sous mes pieds. Les bâtiments se courbaient au-dessus de moi et me bouchaient le ciel. Le vent transperçait mes vêtements. J’ai fini par arriver jusqu’à mon appartement en m’appuyant sur la rampe d’escalier fragile et en me reposant à chaque palier.

Mon duvet et mon oreiller me tendaient les bras. Dans la chambre, il faisait sombre. Pour la première fois depuis des semaines, j’avais assez chaud. Trop chaud, en vérité. En m’allongeant pour dormir, j’ai cru voir une créature diabolique aux airs de chauve-souris tourner et voler au-dessus de moi, emplissant la chambre du bourdonnement de ses ailes. Le sommeil m’a sauvée de ma terreur. Quand je me suis réveillé, j’ai vu Theresa assise à côté de moi. Mon oreiller était trempé. Sur mes joues, ses mains étaient fraiches. J’avais presque oublié à quel point son sourire était une bénédiction.

– Theresa, ai-je murmuré. Je t’aime tellement. Tu me manques, bébé. Reprends-moi, s’il te plait.

Elle m’a mis la main sur la bouche, pour me faire taire.

– Jess, tu dois aller à l’hôpital.

J’ai secoué la tête.

– Je ne peux pas. Je suis trop malade pour pouvoir me protéger.

Elle m’a apaisé d’une caresse du bout des doigts.

– C’est le moment, chérie. Tu peux le faire. Je sais que tu en es capable.

– Theresa, j’ai tellement peur.

Elle a hoché la tête en faisant courir ses doigts dans mes cheveux.

– Je sais, Jess, je sais.

J’ai secoué la tête.

– Je ne parle pas juste de l’hôpital. Je ne sais plus comment vivre ma vie. J’ai peur.

Elle a hoché la tête.

– Tu y arrives, Jess. Accroche-toi.

J’ai essayé de me lever sur un coude mais je suis retombé en arrière.

– Je suis si seule, Theresa. Il n’y a aucun endroit où je me sens à ma place. Je ne sais même pas si j’existe encore.

Theresa a essuyé les larmes de mes yeux. J’ai pris sa main dans la mienne.

– S’il te plait, Theresa, reste avec moi. Ne pars pas, s’il te plait. J’ai trop peur.

– Je suis là, bébé, m’a-t-elle rassurée. J’ai toujours été là avec toi.

J’ai dévalé la pente de l’inconscience.

– Mais ton image s’efface peu à peu, ai-je murmuré.

***

Je me suis forcé à marcher face au vent glacial, sans réussir à aller jusqu’à l’hôpital. Mes jambes n’arrivaient plus à me porter et je me sentais trop faible pour subir un examen médical. Theresa avait surestimé ma force – aussi bien physique que mentale.

J’ai toussé si violemment que j’ai eu peur de me fêler les côtes. Au loin, le son d’une sirène semblait se tordre comme un caramel mou. Les lumières de la ville étaient éblouissantes. J’errais dans les rues du Lower East Side5 sans trop savoir comment rentrer à l’appartement.

– Cocaïne ? LSD ? Tu cherches quoi ? m’a murmuré un jeune homme quand je suis passée à côté de lui.

J’ai secoué la tête.

– Je ne sais pas.

Une étincelle a brillé dans ses yeux.

– De quoi t’as besoin ?

J’ai toussé et toussé encore jusqu’à ce que les lumières de la rue tournoient autour de moi.

– Merde, a-t-il dit, t’es malade, hein ?

– C’était juste un mal de gorge mais maintenant j’arrête pas de tousser.

– T’as combien d’argent ? m’a-t-il demandé.

J’ai haussé les épaules.

– T’as vingt dollars ?

J’ai fait oui de la tête.

– Attends ici, m’a-t-il ordonné.

Je suis restée au coin de la rue si longtemps que j’ai fini par oublier pourquoi j’attendais. Il est revenu avec un flacon en verre ambré. Quand j’ai voulu l’attraper, il l’a éloigné. Je lui ai tendu un billet de vingt dollars.

– Prends-en quatre fois par jour. Tu dois tout prendre, t’as compris ? C’est ce que le mec a dit.

J’ai froncé les sourcils.

– C’est quoi ?

Il a haussé les épaules.

– Des médicaments. Je lui ai dit ce que tu m’as dit. T’as dix dollars de plus ?

– Pourquoi ? lui ai-je demandé.

Ça voulait dire oui.

– J’ai quatre cachets de codéine, là. Ça devrait t’faire arrêter de tousser ou t’faire arrêter d’y penser.

J’ai souri et je lui ai tendu dix dollars de plus.

– Merci, lui ai-je lancé.

Et je le pensais.

Il m’a serré la main.

– Tu vas prendre soin de toi maintenant, OK ?

J’ai acheté deux litres de jus de fruits et j’ai retrouvé mon chemin jusqu’à ce lieu abandonné que j’appelais « maison ». Toutes les deux ou trois heures, quand la toux me réveillait, j’avalais une pilule et un comprimé de codéine et je me rendormais. Quand je me suis réveillée le dimanche matin, mon sac de couchage était trempé. Je me suis assise et me suis frotté les yeux. Je me sentais mieux. La maladie était en train de se dissiper et de me laisser tranquille.

Ici, il fallait payer le loyer à la fin de chaque semaine. J’avais vu un hôtel bon marché à côté des agences d’intérim. Je pouvais louer une chambre à la semaine, le temps d’économiser assez d’argent pour pouvoir me payer un appartement décent, une vraie maison. J’ai regardé autour de moi. Je n’arrivais pas à croire que j’avais vécu dans ce taudis tout un mois durant.

***

– C’est combien ? ai-je demandé au gardien.

– Trois-cent-vingt-cinq par mois avec le chauffage et l’eau chaude. Les toilettes sont dans le couloir. Trois-cent-vingt-cinq de caution.

J’ai hoché la tête. Il y avait une petite chambre, une cuisine et un salon en enfilade. Je lui ai donné les billets, il m’a tendu le bail.

– Attendez, ai-je dit alors qu’il se retournait pour partir, il n’y a pas de baignoire ?

– Là.

Il m’a indiqué une grosse bassine recouverte d’une plaque de métal dans un coin de la cuisine. Cette ville était bizarre.

J’ai refermé la porte de l’appartement et je me suis retourné pour regarder autour de moi. Il y avait besoin de repeindre : jaune pour la cuisine, bleu ciel pour la chambre, blanc crème pour le salon. J’avais également besoin de tapis. Et de vaisselle, de couverts, de casseroles et de poêles. Et de produit nettoyant pour l’évier.

J’ai ouvert mon sac en toile et j’y ai cherché un bloc-note et un stylo pour faire une liste. J’y ai trouvé le chaton en porcelaine que Milli m’avait laissé. Je l’ai posé avec précaution sur le manteau de la cheminée, dans le salon. Sur le rebord de la fenêtre de la cuisine, j’ai installé le vase en verre ambré qui venait de l’ancienne maison que nous partagions avec Theresa. J’ai noté dans un coin de ma tête d’acheter des fleurs. J’ai laissé la bague de mariage que Theresa m’avait achetée sur le dessus de la cheminée.

J’ai décidé d’acheter des rideaux jaunes en calicot pour les fenêtres du salon, comme ceux que Betty avait cousus pour le garage que j’avais transformé en studio. J’ai jeté un coup d’œil à la porte, pour m’assurer une nouvelle fois qu’elle était bien fermée.

J’ai forcé l’ouverture de la fenêtre qui menait à la sortie de secours. De là, je pouvais voir l’East River6. Les musiques latinos, émanant des voitures et des fenêtres, se faisaient concurrence dans mes oreilles. Les enfants jouaient dans la rue. Leurs mères leur criaient dessus depuis les fenêtres. Quelle que soit leur langue, leurs avertissements signifiaient tous :Fais attention !

De jeunes bourgeons apparaissaient sur les maigres troncs alignés dans la rue. C’était le printemps. J’ai remarqué des mauvaises herbes toutes droites, presque aussi grosses que de jeunes arbres, qui grandissaient entre les bâtiments et sur les terrains vagues. Elles poussaient à travers les fissures dans le ciment, et grandissaient quasiment sans terre ni lumière. Ce spectacle était étrangement rassurant. Je me suis dit que si elles réussissaient à survivre ici, alors moi aussi je pouvais y arriver.

***

Au supermarché, une femme s’est retournée et m’a dévisagé alors que je me grattais l’entrejambe. Au fil des mois, les démangeaisons et les brulures étaient devenues insupportables. Ça n’allait pas partir tout seul. J’avais une infection vaginale. J’avais sans cesse repoussé à plus tard sans jamais m’en occuper, refusant d’admettre que j’avais besoin de voir un médecin. De toutes les parties du corps, pourquoi fallait-il que l’infection se loge précisément à cet endroit-là ? Pourquoi est-ce que ça ne pouvait pas être une infection à l’oreille ?

Sur la porte de mon frigo, il y avait ce prospectus que j’avais décollé d’un lampadaire, avec les coordonnées d’un centre de soins médicaux pour femmes dans mon quartier. Le mercredi soir, j’ai pris mon courage à deux mains et j’y suis allé.

– C’est une clinique pour femmes, a dit la réceptionniste en souriant.

J’ai fait oui de la tête.

– Je sais. J’ai une infection vaginale, ai-je murmuré.

– Une quoi ? a-t-elle demandé.

J’ai pris une profonde inspiration et j’ai parlé d’une voix plus forte.

– Une infection vaginale.

Le calme est tombé sur la salle d’attente bondée. Le silence me sanctionnait. La réceptionniste m’a examinée de la tête aux pieds.

– Vous plaisantez ?

J’ai secoué la tête.

– J’ai une infection vaginale. Je suis venue chercher de l’aide.

La réceptionniste a hoché la tête.

– Asseyez-vous, monsieur.

J’hésitais à m’en aller, mais les démangeaisons et les brulures empiraient de jour en jour. J’ai observé la réceptionniste accueillir la femme arrivée après moi.

– Sortez juste votre dossier et asseyez-vous, a-t-elle dit. Le médecin va bientôt arriver. Vous pouvez vous servir une infusion.

Dans la salle d’attente, tout le monde me dévisageait. J’ai regardé le panneau d’affichage : danses et rituels pour femmes, thérapeutes, masseuses et comptables. De nouveaux symboles : une hache à double tranchant7, un cercle avec une croix vers le bas8. De nouveaux noms : GoodwomynSilverwomyn9.

Je pouvais les entendre parler de moi à voix haute.

– Il est fou.

– Ben quitte à être fous, qu’ils restent dans leurs propres espaces !

Je me suis assise sur une chaise libre. J’ai remarqué un livre sur l’étagère à côté de moi, intitulé Notre corps, nous-mêmes10. J’ai noté dans un coin de ma tête d’aller l’acheter dans une librairie.

Une ombre m’est tombée dessus : une femme avec un porte-bloc. Sur son badge était écrit « Roz ». Une fois dans la salle d’examen, Roz a jeté son porte-bloc sur le bureau et a secoué la tête en pointant une chaise.

– Alors, qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

Je butais sur chaque mot. J’ai essayé de tout lui dire : qui j’étais, d’où je venais.

Roz s’est rassise dans sa chaise et a fait oui de la tête comme si elle comprenait vraiment. Puis elle a dit :

– Je ne sais pas quel est votre problème, mais ici, c’est une clinique pour les femmes qui sont malades. En ce moment même, vous êtes en train de gâcher les ressources prévues pour elles.

– Quoi ?

– Vous pensez peut-être que vous êtes une femme, a continué Roz, mais ça ne veut pas dire que vous en êtes une.

J’ai explosé de colère :

– Allez vous faire foutre, ai-je crié.

Elle s’est inclinée en arrière dans sa chaise avec un petit sourire narquois.

– C’est bien un truc de mec de dire ça.

J’ai senti que mon visage devenait rouge de colère.

– Allez toutes vous faire foutre !

Je me suis levé pour partir.

Une médecin m’a bloqué le passage.

– Qu’est-ce qui se passe, ici ? a-t-elle demandé.

Roz a dû faire un geste dans mon dos. La médecin a hoché la tête.

– Venez avec moi, a-t-elle dit.

Je l’ai suivie dans le hall.

– Qu’est-ce qui se passe ? m’a-t-elle demandé.

– J’ai une infection vaginale, ai-je soupiré.

Elle a scruté mon visage.

– Est-ce que vous avez pris des antibiotiques récemment ?

Je me suis sentie soulagée.

– Peut-être. J’ai pris quelque chose il y a quelques mois pour soigner une mauvaise toux.

Elle a hoché la tête.

– Depuis combien de temps avez-vous cette infection vaginale ?

J’ai haussé les épaules.

– Depuis deux mois.

Elle a écarquillé les yeux.

– Vous avez ça depuis deux mois et vous n’avez rien fait ?

– Hé ben, je pensais que ça passerait.

Elle m’a fait un petit sourire.

– On va regarder ça. Venez avec moi.

Je me suis raidi de peur. Il s’était déjà passé trop de choses depuis mon arrivée. Je ne pouvais pas la laisser me toucher à cet endroit.

– Je ne peux pas, lui ai-je dit. S’il vous plait. Ça a été difficile de faire ça. Je ne peux vraiment pas.

Elle a observé sur mon visage les émotions que je ne pouvais dissimuler.

– Voici une prescription pour du Monistat11.

Elle a griffonné sur son bloc d’ordonnances.

– Ça devrait arrêter les sensations de démangeaison et de brulure. La prochaine fois que vous prenez des antibiotiques, mangez un yaourt par jour.

Je me suis demandé si elle se moquait de moi, avec cette histoire de yaourt.

– Vous me croyez, n’est ce pas ? lui ai-je demandé.

Elle a haussé les épaules.

– Vous êtes peut-être un homme. Mais si vous êtes une femme, je ne veux pas vous virer d’ici. Ça ne me coute rien de faire une ordonnance. À quand remonte votre dernier frottis ?

Je me suis figée. Elle a insisté :

– Dans les trois dernières années ?

J’ai baissé les yeux mais elle ne voulait pas laisser tomber.

– Cinq, six ans ?

J’ai secoué la tête.

– Je ne sais pas ce que c’est, ai-je admis.

Quand j’ai levé la tête, elle avait les larmes aux yeux.

– Maintenant, je vous crois, a-t-elle dit.

– Pourquoi ? lui ai-je demandé. Il y a plein d’hommes qui ne connaissent pas ce truc non plus, non ?

Elle a hoché la tête.

– Oui, mais ils n’en ont pas honte. Quel est le nom de votre médecin traitant ?

– Je n’en ai pas.

Elle a continué à regarder mon visage d’une façon qui me troublait.

– J’aimerais que vous reveniez pour un examen et un frottis.

– Oui, bien sûr, ai-je menti.

Je doutais de réussir à rassembler assez d’énergie émotionnelle pour supporter une seconde fois la scène de la salle d’attente, à moins d’être vraiment en mauvais état. Et à côté de ça, l’idée qu’une médecin m’écarte les jambes et m’examine me glaçait le sang.

– Merci de m’avoir écouté, lui ai-je dit. Presque plus personne ne m’entend.

Elle a serré mon bras.

– Vous pouvez prendre un rendez-vous au secrétariat en sortant. Essayez de vous en occuper rapidement.

Je pouvais encore sentir sa main sur mon bras après qu’elle soit partie. Soudain, j’ai réalisé que je ne connaissais pas son nom. Je pourrais avoir besoin de revenir un jour. Je suis allée vers le hall pour la chercher. Roz est sortie du cabinet de consultation et m’a bloqué le passage.

– Quel est son nom ? J’ai oublié de lui demander.

La voix de Roz était glaciale.

– Vous avez eu ce que vous vouliez, partez maintenant.

– Vous vous trompez, Roz, l’ai-je corrigée. J’ai eu ce dont j’avais besoin. Vous n’avez aucune idée de tout ce que je voudrais.

***

Chaque fois que je touchais ma paye, j’en utilisais une partie pour l’appartement. J’ai passé un weekend entier à reboucher les fissures des murs et du plafond. J’ai repeint chaque pièce, l’une après l’autre. Les grands coups de pinceau aidaient mon esprit à s’évader.

Un weekend, ma motivation a battu de nouveaux records. J’ai sablé tous les planchers, puis j’ai recouvert l’appartement de polyuréthane12, du sol au plafond, jusqu’à devoir sortir de là. Cette nuit-là, j’ai encore dormi au cinéma de la 42e rue, une dernière fois !

Le sol brillait. Ça ajoutait une nouvelle dimension sous les pieds, comme si le plafond avait été surélevé ou que l’appartement était plus grand.

J’ai trouvé un tapis noir du Guatemala au marché aux puces. Il y avait des petites paillettes blanches dessus. Je l’ai déroulé dans mon salon et je me suis reculée pour le regarder. Ça m’a rappelé le ciel nocturne rempli d’étoiles.

Petit à petit, j’ai acheté du mobilier : un canapé solide et un fauteuil, une table de cuisine en acajou et des chaises. À l’armée du salut, j’ai trouvé un lit dont la tête et les pieds arrondis avaient été sculptés dans du cerisier. J’ai craqué pour des draps chez Macy’s13.

Alors que ma maison commençait à ressembler à quelque chose, j’ai tout à coup eu envie de choses qui feraient du bien à mon corps. J’ai jeté mes vieux jeans et j’ai acheté de nouveaux chinos14, des sous-vêtements, des chemises et deux paires de tennis, pour ne pas être obligée de battre le pavé dans la même paire tous les jours.

J’ai acheté des serviettes douces et épaisses et des sels de bain qui me plaisaient.

Puis un jour, j’ai regardé mon appartement et j’ai réalisé que j’en avais fait un foyer.

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1 Gare Centrale de New York.

2 Village Voice : journal hebdomadaire de New York fondé en 1955.

3 Mott Street se trouve à Manhattan et traverse Chinatown et Little Italy. Jess se trouve à environ cinq kilomètres de Times Square.

4 « La même chose », en espagnol.

5 Lower East Side, quartier de Manhattan.

6 L’East River est un détroit situé dans la ville de New York.

7 La hache à double tranchant, également appelée labrys, est un symbole associé au culte d’une déesse, telle Artémise, Gaïa, Rhéa, etc., et aux Amazones. Il est utilisé dans certaines communautés lesbiennes et féministes pour représenter le pouvoir du féminin, de la « nature féminine » et des femmes.

8 Le cercle avec la croix vers le bas est un autre symbole de féminité, associé à Vénus et à l’amour. Il est souvent utilisé pour représenter la femme, et opposé au symbole de l’homme (un cercle avec une flèche vers le haut) associé à Mars et à la guerre. Avec un poing serré dans son cercle, il est l’emblème de nombreux groupes et mouvements féministes.

9 Goodwomyn et Silverwomyn sont des termes issus de certains mouvements de femmes et lesbiennes des années 1970. Ils sont composés des adjectifs good (bon) et silver (d’argent), et du nom womyn, ou women (femmes). Nous n’avons pas trouvé d’autres occurrences de ces termes dans les outils de recherche à notre disposition. Nous proposons donc des pistes de traduction. Goodwomyn pourrait désigner des « femmes accomplies », proches de la nature, de la maternité et d’une féminité dite naturelle. Silverwomyn pourrait renvoyer aux « femmes chasseresses et libres », par la figure de Diane, déesse de la chasse, associée à la lune d’argent (silvery moon).

10 Our Bodies Ourselves est un ouvrage féministe publié en 1971 par le Collectif de Boston pour la Santé des Femmes, à partir de leur expérience de groupes de parole et d’auto-examen. Il propose une vision critique de la médecine et encourage les femmes à se réapproprier des savoirs, notamment en matière de gynécologie, de contraception et d’avortement.

11 Monistat est un antifongique utilisé pour traiter les mycoses vaginales, sous forme de crème ou d’ovules.

12 Les polyuréthanes sont largement utilisés dans les enduits, laques, peintures et vernis que cela soit dans le bâtiment, l’ameublement, la construction automobile ou la protection du bois.

13 Macy’s est une chaine de magasins états-unienne basée à New York, qui vend des vêtements et autres accessoires de mode.

14 Un chino est un pantalon en toile de coton, à l’origine de couleur claire, porté par les troupes coloniales britanniques en Inde puis pendant la Seconde Guerre mondiale par l’armée états-unienne. Le vêtement a depuis perdu sa connotation militaire.

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