Où trouver la VF de Stone Butch Blues ?

Nos ouvrages sont disponibles dans TOUTES les librairies de France, de Belgique, de Suisse et du Canada. Soit en rayon, soit à la commande.

Ils y sont diffusés par Hobo Diffusion et distribués par Makassar (France / Belgique), ainsi que par Servidis (Suisse) et Dimedia (Canada). Pour tous les autres pays, vous pouvez passer par notre boutique.

Si vous n’avez pas de librairie près de chez vous, ou que vous n’y trouvez que des livres de réacs, vous pouvez nous les commander directement via notre boutique.

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Un grand merci aux librairies avec qui nous avons travaillé durant la première année où nous étions autodiffuséEs et autodistribuéEs, qui se sont adaptées à nos modalités parfois contraignantes, qui nous ont aidéEs à prendre nos marques dans l’édition (pensées particulières à Violette & Co pour leurs précieux conseils !) et qui ont joué un grand rôle dans le succès de l’édition française de Stone butch blues :

Bibliothèque féministe (Rennes) / Des Livres et nous (Périgueux) / Fahrenheit 451 (Genève) / La Baleine (Quimper) / La Belle aventure (Poitiers) / La Convergence des loutres (Loguivy-Plougras) / La Dispersion (Genève) / L’Affranchie (Lille) / La Fleur qui pousse à l’intérieur (Dijon) / La Gryffe (Lyon) / La Mauvaise réputation (Bordeaux) / La Nuit des temps (Rennes) / La Page noire (Liège) / L’Aqueerium (Caen) / L’Atelier (Paris) / Le Lok’all (Morlaix) / L’Embarcadère (Saint-Nazaire) / Le Merle moqueur (Paris) / Le Monte-en-l’air (Paris) / L’Engrenage (Tours) / Les Bien-aimés (Nantes) / Les Dévoreuses (Nantes) / Les Modernes (Grenoble) / Les Mots à la bouche (Paris) / Les Villes invisibles (Clisson) / Le Temps des cerises (Tonquédec) / L’Hydre aux mille têtes (Marseille) / Libellune (Redon) / Libertalia (Montreuil) / Librairie Basta! (Lausanne) / Librairie Doucet (Le Mans) / Librairie du Boulevard (Genève) / Librairie du Chat borgne (Belfort) / Librairie du Contretemps (Bordeaux) / Librairie Durance (Nantes) / Librairie Georges (Bordeaux) / Librairie Meura (Lille) / Librairie Vigna (Nice) / L’Ombre du vent (Niort) / Lune & l’autre (Saint-Etienne) / Manifesten (Marseille) / Ouvrir l’oeil (Lyon) / Pied-de-biche marque-page (Mézères) / Publico (Paris) / Quai des brumes (Strasbourg) / Quartier libre (Nancy) / Quilombo (Paris) / Terra nova (Toulouse) / Terre des livres (Lyon) / Tulitu (Bruxelles) / Vent d’ouest (Nantes) / Violette & Co (Paris)

Le Quiz du genre

Il s’agit là de la première traduction en français d’un texte de Minni Bruce Pratt, autrice & militante lesbienne étasunienne reconnue pour sa poésie politique et ses essais théoriques.

Ici, elle aborde les questions de genre via son enfance dans une petite ville du sud étasunien où l’homosexualité et les déviances de genre se cachaient un peu partout… Elle revient ensuite sur son parcours d’adulte à l’époque des grandes vagues de changements sociaux aux États-Unis : mouvement des droits civiques, mouvement de libération noire, mouvement de libération des femmes, mouvement de libération gay & lesbien, et mouvement de libération trans. Dans ce texte, elle offre des perspectives d’analyse du sexisme et du racisme quotidiens, des luttes féministes et LGBT, des dynamiques butch/fem, de la bienséance officielle et des réalités officieuses, et plus généralement des problématiques lesbiennes et trans…

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Nous avons parlé de ce quiz hétérosexuel obligatoire au lycée, auquel il n’y avait que deux réponses possibles, qui n’offraient que deux chemins à emprunter : straight ou homo, hétéro ou queer. Choisir l’un nous permettrait de nous extirper du labyrinthe qui mène à l’âge adulte, choisir l’autre nous mènerait directement en enfer. Mais il semblait que notre score final officiel n’avait finalement pas grand-chose à voir avec nos vies secrètes, avec quelles mains se posaient sur quels culs, avec les rêves que nous avions enterré, au point mort, dans nos cœurs.

Malgré la répression et les sanctions, nous continuons à vivre, chaque jour, avec toutes nos différences contradictoires. Je suis toujours là, indéniablement « féminine » dans mon apparence, et terriblement « femme » dans mon vécu personnel ―et indécemment « masculine » dans mes préoccupations politiques et dans ma persévérance à écrire de la poésie qui s’étend au-delà de la sphère du foyer à laquelle sont habituellement cantonnées les femmes.

Je me considère formellement comme lesbienne, mais pas d’une façon reconnaissable par le monde hétérosexuel. À moins que je n’annonce être lesbienne, on suppose généralement que je suis hétéro. Mais dans le milieu lesbien dans lequel j’évolue, je suis parfois suspectée d’être trop féminine pour être lesbienne. Et que ce soit dans le milieu lesbien ou en dehors, il y a une autre hypothèse que certain·e·s défendent : Aucune « vraie » lesbienne ne pourrait être attirée par autant de masculinité ―car la masculinité de ma partenaire lesbienne joue un grand rôle dans mon attirance.

Comment puis-je réconcilier les contradictions de sexe et de genre qui existent dans mon corps, dans mon vécu et dans ma vision politique du monde ? Nous nous voyons toutes et tous offrir la chance, à un moment ou à un autre, de nous échapper de ce casse-tête. On nous offre la bonne réponse Vrai ou Faux. On nous donne le questionnaire à remplir. Mais les cases que l’on coche, M ou F, les catégories homme et femme, ne contiennent rien de la complexité que représentent le sexe et le genre pour chacune et chacun d’entre nous.

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Brochure disponible en téléchargement gratuit ici,

ou en version papier lors des évènements où nous sommes présentes
ou parfois auprès de nos librairies partenaires.

Le Manuel de la justicière lesbienne

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Après une première traduction parue dans les années 1990, voici enfin la seconde édition française revue, augmentée et numérisée du Manuel de la Justicière Lesbienne, initialement publié par les Lesbian Avengers en 1993 (et révisé en 2011)… Un témoignage historique d’une période clé pour l’activisme lesbien, et un guide qui ne demande qu’à être remis en pratique !

EXPRIME TA COLÈRE ! PRENDS TA REVANCHE ! REJOINS LES JUSTICIÈRES LESBIENNES ET REJOINS LA RÉBELLION. ON RECRUTE.

À télécharger ici.

Chapeau bas

Une déclaration d’amour à toutes les lesbiennes fems, par Ivan E. Coyote.

vidéo : © Pancake Heart, 2010 (https://www.youtube.com/watch?v=2Q7IzwUa_kI)
sous-titres : © Hystériques & AssociéEs, 2012, 2017

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CHAPEAU BAS

par Ivan E. Coyote,

texte extrait de Missed Her, Vancouver, Arsenal Pulp Press, 2010,

traduit de l’anglais (Canada) par Noémie Grunenwald (2012).

J’aimerais exprimer ma gratitude à chacune des fems magnifiques, féroces, plantureuses, ardentes et explosives qui sont dans les parages ce soir. C’est pour toi que je plie mes chemises et que je repasse consciencieusement mes cravates. C’est pour toi que je m’arrange pour assortir mes sous-vêtements et mes chaussettes. C’est à toi que je fais signe quand je soulève mon chapeau de cow-boy. C’est pour toi que je cire mes grosses bottes noires.

Je sais que tu as parfois l’impression que personne ne te remarque vraiment. Je veux que tu saches que moi je te vois. Je te vois dans la rue, dans le bus, à la salle de sport, au parc. Je ne sais pas comment je fais pour savoir que tu n’es pas straight, mais j’y arrive. C’est peut-être grâce à la façon dont tu me regardes. S’il-te-plaît, n’arrête pas de me regarder de cette manière. Toute ma vie, on m’a dit que j’étais moche, que j’étais moins bien qu’un homme, que je n’en étais d’ailleurs pas un, que personne ne voulait de moi. J’ai cru à tout ça, jusqu’à ce que tu arrives. S’il-te-plaît, n’arrête jamais de me regarder de cette manière.

Je ne m’aventurerais jamais à dire que la vie est plus difficile pour moi qu’elle ne l’est pour toi. Parfois, tu es invisible. Je n’ai pas la moindre idée de ce qu’on peut ressentir dans cette situation, de passer juste devant ses semblables et de ne pas être reconnue. De ne pas être vue. Moi, je ne peux pas me cacher, même si on me prend souvent pour quelqu’un que je ne suis pas du tout. Et ce n’est pas plus difficile, c’est juste différent.

Je sais que ces chaussures te font grave mal aux pieds. Et je veux que tu saches à quel point j’apprécie le fait que tu les portes quand même. Tu es sexy. J’aime quand tu les mets. Elles vont bien avec cette robe. Et si ça peut apaiser un peu ta douleur, sache que les gaudiots que j’ai aux pieds en ce moment même pèsent environ six kilos chacun et transforment la plante de mes pieds en une espèce d’érythème fessier pris dans une vague de chaleur, et me donnent l’impression de porter des chaussures de ski dès que je dois monter un escalier. Mais je les porte pour toi. Même si mes nouvelles bottes restent des chaussons de velours comparés à tes chaussures à talons de 12 cm qui montent jusqu’à tes genoux. Je le sais, et je te tire mon chapeau.

Je te promets que je ne suis pas en train de fixer tes seins. En fait, j’essaye de te regarder droit dans les yeux, mais tu fais presque 20 cm de plus que moi. Merci de te rappeler le paragraphe précédent dans lequel il est question de tes talons de 12 cm. En même temps, je voudrais mentionner que lorsque j’ai essayé de te regarder dans les yeux, je n’ai pu m’empêcher de remarquer ton ravissant nouveau pendentif. Je pourrais sans doute admirer à quel point il fait bien ressortir la couleur de tes yeux, si seulement je pouvais les voir.

Je veux te remercier de sortir du placard. Encore et encore, toujours et tout le temps, tout au long de ta vie. À l’école, au travail, chez le docteur, à la crèche de tes enfants, au mariage de ton frère. Merci de dégommer leurs stéréotypes. Je n’ai jamais eu l’occasion de sortir du placard, parce que mon placard a toujours été fait de verre. Mais tu le fais pour moi. Tu te bas contre l’homophobie d’une façon dont je ne pourrais jamais. Certaines personnes pensent que je suis queer parce que je suis indésirable. Tu leur prouve qu’être queer est ton désir.

Merci de m’aimer pour ce que je suis et pour ce à quoi je ressemble, et non malgré ce que je suis et ce à quoi je ressemble.

Merci de sentir si bon.

Merci de me tenir la main dans la rue quand il y a un match de hockey. Je sais que c’est certainement mesquin de ma part de sourire cruellement à tous les mecs bourrés en survet’ qui fument leur clope devant les bars pendant les mi-temps, juste parce que tu es tellement sexy, et que tu es avec moi, pas avec eux, mais je ne peux pas m’en empêcher. C’est bien ça, les gars. Vous la voulez, mais elle, c’est moi qu’elle veut. Alors, ça vous en bouche un coin, hein ?..

Merci de porter des culottes et soutien-gorges assortis. Je ne sais pas pourquoi ça me donne l’impression que ma vie est si parfaite, mais c’est vraiment l’effet que ça me fait.

Merci de te coller à moi dans l’ombre du cinéma et de m’attraper la main dans les moments qui font peur. Ça me donne le sentiment d’être solide, d’être capable de prendre soin de toi. Même si les vampires ça n’existe pas, et que tu fais tellement de yoga que tu pourrais sûrement me botter le cul sans problème.

Je veux que tu saches que j’aime ta dent de travers, tes vergetures, ton bout de doigt en moins, ta jambe plus courte que l’autre, ton troisième téton, ton oeil paresseux, ta mèche rebelle, ta tâche de naissance qui a la forme du Texas. J’aime tout ça.

Je veux que tu saches que je sais que ce n’est pas toujours facile de m’aimer. Que parfois mon torse est comme un champ de mines, et ce n’est pas sûr que demain tu puisses retourner là où tu es allée hier soir. Il n’y a pas de manuel, pas d’itinéraire balisé, ni aucune hotline que tu puisses appeler. Mon corps ne se livre pas avec un mode d’emploi, et parfois moi-même je ne sais pas quoi en faire. Ce n’est parfois pas simple, mais malgré cela, tu me touches quand même.

Merci de m’avoir escorté dans les toilettes des femmes le jour où le sol de celles des hommes était recouvert par quelque chose dont je préfère ne pas parler. Merci de m’avoir demandé si j’avais un tampon dans mon sac suffisamment fort pour que la dame avec le pull turquoise réfléchisse à deux fois avant d’attraper sa fille et de me frapper avec la frite en mousse de la piscine. Je ne peux pas garantir à coup sûr que c’est ce qu’il se serait réellement passé, mais grâce à toi, je n’ai pas eu à le découvrir.

Merci d’avoir mis cette robe uniquement parce que tu savais qu’elle serait assortie à ma chemise. Ensemble, personne ne peut nous arrêter. À travers tes yeux, je suis superbe. En fait, c’est juste que je suis un cygne depuis toujours.